• Boire, courir, écrire.

    Ce sont les trois modes historiques d'évacuer la douleur de post rupture. Je bois peu reste les deux autres façons.

    - En 1998 suite au "tomber amoureux" d'AL je me suis mis à bcp courir. Après plus dune heure trente de course je rentrais chez moi puis je ressortais pour courir encore une demi-heure. Et pas à petite allure. J'ai assez peu écrit pdt ces qlq mois. Pas grand chose à dire. Juste la peine à évacuer.

    J'ai rencontré Martine 5 mois plus tard et par chance notre amour m'a délivré de ma peine à l'égard de AL. Mais j'aime tjrs AL (d'amitié) et je voudrais pouvoir aimer Martine comme AL. Pour Alain, rien a changer à son égard. Du respect et de la sympathie.

    - Deux différences entre 1998 et 2007 :

    La première différence tient à ce que je ne suis jamais tombé amoureux de ma compagne actuelle. Elle ne m'a donc pas délivré d'emblée de mon amour précédent.

    Seconde différence : En 2007 au lieu de bcp courir j'ai bcp écrit. Mais cela dure car je n'ai jamais pu parler avec MG. On ne s'est même jamais rencontré. C'est un peu comme si on était très loin alors qu'on est très proche. Je n'ai eu ni de merci (reconnaissance du passé) ni même de bonjour (sauf sur le tard et encore il était rapide). Il faudrait que l'on se voit en face à face. Accompagnée de la personne de son choix.

    LéoJog


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  • Aimer les hommes, haïr les oppressions : de Sartre à Ziegler.

    Voici le commentaire de J Ziegler à propos de la formule de Jean-Paul Sartre.

    Quand Sartre disait "Pour aimer les hommes, il faut haïr ce qui les opprime", tout est dans ce "ce". La réaction n'est pas dirigé contre un groupe d'hommes ou des individus mais contre les mécanismes de l'oppression.

    Jean ZIEGLER : La haine de l'Occident.
    http://www.pcfbassin.fr/Fichiers%20PDF/International/Jean%20Ziegler%20-%20la%20Haine%20Occident.pdf


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  • La théorie freudienne de la souffrance sociale.

    C'est Emmanuel Renault qui la dégage du texte freudien . La présente note débarrassée des références aux œuvres de Freud est directement issue de son livre "Souffrances sociales" (Ed La Découverte p271 et suiv.).

    Lire à propos de l'ouvrage: Emmanuel Renault, Souffrances sociales. Philosophie, psychologie et politique, 2008

    http://mouvement-social.univ-paris1.fr/document.php?id=1156


    Freud récuse expressément l'opposition entre psychologie individuelle et psychologie sociale Il a tenté de penser dit E Renault le psychisme humain dans ses interactions avec différents types de phénomènes sociaux .Si le concept de souffrance sociale n'est pas construit systématiquement chez Freud il est néanmoins d'en reconstruire une théorie issue de ses analyses. Une telle théorie combine alors trois modèles explicatifs. " Un premier renvoie à la pression exercée par la civilisation sur le psychisme individuel, un deuxième à un défaut d'identification à la vie sociale, un troisième à l'effet de circonstances sociales particulières.
    L'approche de Freud repose sur la distinction entre différentes sources de souffrance et sur une distinction entre "souffrance normale" et une souffrance que l'on peut dire anormale, la seconde consistant en une transmutation de la première. La souffrance est, en effet, une grandeur dynamique et, à chacune des étapes de sa transformation, c'est à une imbrication de facteurs sociaux et psychiques que nous avons à faire.

    La souffrance normale a trois sources qui sont selon Freud la surpuissance de la nature, la caducité de notre corps et la déficience des principes qui règlent les rapports des hommes entre eux dans la famille; l'Etat et la société. Il tient à la condition humaine de ne pouvoir totalement maîtriser la nature, d'être vulnérable par l'intermédiaire de son corps (d'autres textes soulignent que notre vulnérabilité dépend de notre dépendance à l'égard d'autrui) et de ne disposer d'aucun critère naturel permettant de déterminer comment nos relations avec autrui doivent être régulées (d'ou les maux provenant des conflits et des crises sociales). Il en résulte que la souffrance est l'une des coordonnées essentielles de l'expérience humaine et que notre existence consiste en grande partie en une tentative de réduction de la souffrance. S'il convient de parler de souffrance normale, c'est donc parce que ses sources ne peuvent jamais être taries et que, toujours, les individus doivent mettre en place des "défenses" contre elles. Certaines de ces défenses ont la capacité de transformer la souffrance "normale" en souffrance "anormale".


    Selon l'approche psychodynamique de Freud, la souffrance est toujours le lieu d'une interaction entre les effets de ces sources de souffrance, Freud propose donc une typologie des défenses contre la souffrance. Il mentionne à ce propos le contrôle de la vie pulsionnelles, la sublimation, le travail et les illusions (l'art), le renoncement, la transformation du monde et l'amour. Ces défenses définissent les différentes techniques de vie par lesquelles les individus peuvent entretenir un rapport non pathologique avec eux mêmes en se rendant supportables les les difficultés qui proviennent des sources de souffrance. Mais la mobilisation de ces défenses peut échouer et exiger la mise en oeuvre de défenses conduisant l'individu hors du domaine de la santé mentale, sous la forme de la névrose ou de la psychose.

    Dans la mesure ou seule la psychose relève à proprement parler de la maladie et qu'en outre la souffrance psychotique apparaît comme l'un des destins possibles de la souffrance névrotique, il est permis de distinguer une souffrance normale, une souffrance pathogène (névrotique) et une souffrance pathologique (psychotique). Cette distinction au sein de la souffrance anormale est décisive dans la mesure où elle permet de déconnecter le modèle médical de la pathologie sociale d'une référence étroite à la maladie et ainsi de dépasser l'une des limitations de l'approche de la médecine sociale.

    Chez Freud, c'est bien du point de vue de la névrose, et non de celui de la psychose, que se développe la critique sociale: "L'homme devient un névrosé parce qu'il ne peut supporter le degré de refusement que lui impose la société au service de ses idéaux culturels, et on en conclut que la suppression ou la forte diminution de ces exigences signifiait un retour à des possibilités de bonheur." ( ) Relevons que cette production sociales des névroses n'est pas ici conçu suivant le modèle des névroses collectives. Freud n'affirme pas en effet que la civilisation plonge l'ensemble ou la plupart de ses membres dans la névrose, ni même que ces productions culturelles propres portent la trace de la névrose, mais qu'elle impose un type de pressions normatives que la civilisation fait porter sur les individus.

    La position de Freud pourrait donc être présentée par l'intermédiaire de deux thèses suivantes. Premièrement, il existe des névroses réactionnelles. En un sens toutes les névroses sont sont des formes de réaction aux exigences sociales particulières auxquels les individus ont à faire face, mais elles ne sont pas pour autant des névroses collectives. Deuxièmement, les névroses réactionnelles ne doivent pas simplement être interprétées comme des réactions à des intéractions sociales déterminées mais aussi comme des réactions à des situations totales comme celle que désigne la notion de civilisation (ou celle de capitalisme). Si le diagnostic peut remonter jusqu'à l'identification d'une pathologie sociale, c'est parce que c'est la civilisation elle-même qui est en cause.

    .../...


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  • Souffrance psychologique et besoins du moi (ex : la honte)

    La souffrance désigne le résultat d'un non satisfaction durable et insupportable de "besoins du moi".

    Par besoins du moi, Emmanuel RENAULT entends un ensemble de besoin fondamentaux liés aux parts corporelle, psychique et sociale de notre existence, qui définissent des tendances générales orientées vers une recherche de satisfactions - tendances relevant principalement des besoins organiques, du principe de conservation, des pulsions et demandes de reconnaissance - et des contraintes psychiques liées aux modalités selon lesquelles ces tendances doivent être unifiées et symbolisées pour ne pas mettre en péril l'unité du moi. (p308).

    Un besoin ne fonde que des tendances pouvant être mises en forme de diverses manières.

    En partant de la distinction des besoins liés au corps (moi corporel), au processus de structuration d'une psyché individuelle (moi psychique) et au processus d'individualisation par socialisation (moi social), nous proposons de distinguer "souffrance physique", "souffrance psychique" et "souffrance psychosociale". Les tendances fondées dans ces différents types de besoins sont imbriquées de sorte que les différents contenus de souffrance définis par ces différents besoins ne peuvent pas être conçu comme des espèces indépendantes, mais seulement comme des types distincts. (p310)

    Au sein de la souffrance psychologique, deux types peuvent être distingués : la souffrance psychique et la souffrance psychosociale. La première renvoie au moi comme appareil psychique doté d'une histoire remontant à la petite enfance (cf Freud), la seconde au moi comme entité personnelle construite dans la socialisation (cf Mead).

    Exemple : la honte.

    Les deux souffrances se cumulent dans certains cas, ainsi que le démontre Vincent de Gaulejac lorsqu'il étudiera "Les sources de la honte". La honte, c'est l'émotion qui résulte de l'humiliation. Se sentir indigne n'est pas se sentir coupable. Le rapport à autrui et le rapport à soi y est différent. Citons Jean-Paul Sartre : "La honte dans sa structure première est honte devant quelqu'un. Je viens de faire un geste maladroit ou vulgaire : ce geste colle à moi, je ne le juge ni ne le blâme, je le vis simplement (...). Mais voici tout à coup que je lève la tête : quelqu'un était là et m'a vu. Je réalise tout de suite la vulgarité de mon geste et j'ai honte. (...) J'ai honte de moi tel que j'apparais à autrui. Et, par l'apparition même d'autrui, je suis mis en demeure de porter un jugement sur moi-même comme sur un objet, car c'est comme un objet que j'apparais à autrui. Mais pourtant cet objet apparu à autrui, ce n'est pas une vaine image dans l'esprit d'un autre. Cette image en effet serait entièrement imputable à autrui et ne saurait me "toucher". Je pourrais ressentir de l'agacement, de la colère en face d'elle comme devant un mauvais portrait de moi, qui me prête une laideur ou une bassesse d'expression que je n'ai pas ; mais je ne saurais être atteint jusqu'aux moelles : la honte est, par nature, reconnaissance. Je reconnais que je suis comme autrui me voit." in Sartre, L'Etre et le Néant, 3e partie, I, 1, Gallimard, col. Tel p. 265-266.

    La honte est une émotion mixte. À la différence des autres émotions, elle se distingue par sa dimension sociale, secrète, narcissique, corporelle et spirituelle. La honte a des aspects positifs et négatifs. Elle est différente de la culpabilité (même si elle est parfois définie comme la version sociale de la culpabilité) et de la peur (même si elle apparaît dans la phobie sociale).

    Aspects positifs
    Les aspects positifs de la honte sont de l'ordre de l'éducation, de l'apprentissage de la vie sociale, de l'humanisme. La honte régule les relations sociales. Elle protège chacun en signalant les bonnes limites à ne pas dépasser.

    La honte est positive quand elle limite nos comportements sans altérer notre identité. A petite dose et ponctuellement, la honte nous indique le juste chemin vers le respect des autres et de soi entre effacement et violence ouverte. Comme toutes les émotions, elle nous informe sur nous, et nous invite à ne nous placer ni en "sous-homme" (soumission, position de victime) ni en "sur-homme"(domination, position de sauveur ou persécuteur). Excès de honte et absence de honte sont préjudiciables. Les personnes qui ne ressentent plus la honte manifestent souvent des comportements arrogants, envahissants, violents qui nuisent à la qualité de la vie sociale.

    Aspects négatifs
    La honte a des aspects négatifs quand elle est excessive chez un individu. Elle est alors source de souffrance individuelle....

    Les excès de honte proviennent des humiliations, du mépris, des moqueries, de l'illégitimité, des secrets, de la régression sociale, de la rivalité, du mensonge,... ou des messages d'orgueil, d'ambition, de désir...que l'individu reçoit des autres (les expressions "faire honte", "porter la honte" montrent que la honte est externe au sujet au départ). La honte passe parfois d'abord par les comportements pour ensuite fragiliser et endommager l'Être. Elle creuse son sillon dans la personnalité par passages successifs. Elle fonctionne en spirale en poussant le sujet à la fois vers le bas ("ego" brisé, déficit narcissique, forme de soumission) ou vers le haut ("ego" surdimensionné, excès narcissique, forme de domination, forme réactionnelle et défensive).

    La honte ne s'enracine pas dans la conscience d'avoir mal agi (il s'agit là de culpabilité), mais dans le sentiment d'être indigne, comme être humain dans un contexte social. Une fois installée et enkystée dans la personnalité, la honte excessive mine l'ego (ou le surdimensionne par réaction défensive). La honte amène le sujet à croire qu'il a quelque chose qui ne va pas. La honte peut engendrer une mauvaise estime de soi, et même une haine de soi.
    ...

    http://www.lahonte.org/


    La notion de besoin du moi provient de Winnicot et de Marx des /Manuscrit de 1844/


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